biofuels
08/02/2013
Une nouvelle étude propose des alternatives durables aux agrocarburants

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RTL Journal 12.2.2013 (à voir 22:10 – 25:03)

Article Woxx 14.2.2013

L´Europe peut atteindre ses objectifs relatifs aux énergies renouvelables dans le secteur des transports sans avoir recours aux agrocarburants très contestées. Ceci est le résultat d’une nouvelle étude réalisée par l’institut de recherche néerlandais CE Delft qui a été présentée aujourd´hui sur invitation de la plateforme Cerealkiller.lu par l´auteur principale de l’étude, Mme Bettina Kampman. L´étude „Sustainable Alternatives for Land-based Biofuels in the European Union” démontre que les objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et dans le cadre de la directive sur la qualité des carburants, ne peuvent être atteints que par un changement fondamental de la politique des transports. Pour assurer que le secteur des transports devienne plus respectueux du climat, elle recommande d’abord l’introduction immédiate des critères de durabilité strictes lors du calcul des bilans de CO2 des agrocarburants. Mais surtout, elle favorise la priorisation de l’efficacité énergétique dans le domaine de l’automobile, l’expansion accélérée de la mobilité électrique et l’utilisation d’agrocarburants durables produits à partir de déchets et de résidus.

Selon la directive européenne sur les énergies renouvelables, les Etats membres doivent couvrir d’ici 2020 10% de la consommation d’énergie dans le secteur des transports par des énergies renouvelables. Pour y parvenir, les Etats membres prévoient un recours presque exclusif aux agrocarburants produits à partir de plantes alimentaires afin de les mélanger au diesel et à l’essence. Ceci a de graves conséquences pour l’homme et son environnement, dont l’aggravation de la faim, la diminution de la biodiversité, la violation des droits humains et – contre toutes attentes – un impact négatif sur la protection du climat.

En octobre 2012, la Commission Européenne avait publié une proposition législative visant à limiter l’utilisation des agrocarburants. Selon les organisations environnementales et de développement, la proposition de la Commission Européenne est totalement inadéquate. Ils critiquent, entre autres, l’omission de critères importants pour évaluer la durabilité des agrocarburants. Les associations demandent, depuis des années, l’introduction des facteurs dits CASI (changement d´affectation du sol indirect) dans le calcul du bilan CO2 des agrocarburants. Ceci permettrait d’éviter que des agrocarburants dont la production dégage plus de CO2 que l’utilisation de combustibles classiques, seront utilisés comme un substitut au diesel et à l’essence.

En outre, les ONG jugent la proposition de la Commission européenne de plafonner à 5% la quantité maximale d’agrocarburants produits à partir des denrées alimentaires et comptabilisable dans le cadre de l´objectif „renouvelable“ du secteur des transports à 5% comme insuffisante afin de réduire leurs impacts négatifs par rapport au changement climatique et à la sécurité alimentaire. Pour cette raison, les ONG demandent l’élaboration d’un scénario de sortie de l’utilisation d’agrocarburants non durables afin de prévenir de nouveaux dommages environnementaux et sociaux.

La proposition de la Commission sera discutée en février par les Ministres de l’Energie de l’UE et en mars par les Ministres européens de l’Environnement. A cette occasion, des représentants de la plate-forme Cerealkiller avaient récemment rencontré le ministre en charge du dossier énergie, Etienne Schneider, et le ministre délégué au développement durable, Marco Schank, pour des échanges de vues.

Les représentants de la plateforme Cerealkiller saluent les déclarations des deux ministres qui partagent les préoccupations des ONG relatives aux agrocarburants et qui se sont engagés à porter leurs demandes dans les prochaines négociations à l’échelle de l’UE. Les ONG appellent les deux ministres à mettre les mesures alternatifves par CE Delft au centre des débats pour une politique européenne des transports durable. Ceci permettrait de faire d‘importantes économies de CO2 d’ici 2020, et en même temps, de favoriser le développement de secteurs industriels innovateurs et de nouveaux emplois.

Résumé des résultats de l’étude de CE Delft:

La route vers une politique des transports plus durable comprend:

  •  Des économies d’énergie dans le secteur des transports de 15 pour cent d’ici 2020 grâce à des mesures telles que l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules et le transfert modal de la route vers le rail. Cela conduit aussi à une diminution de la quantité d’énergies renouvelables qui doit être fournie pour répondre à l’objectif de 10% d’énergies renouvelables dans le secteur des transports.
  • Dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables et de la directive sur la qualité des carburants, la prise en compte immédiate des émissions liées au changement d´affectation du sol indirect dans le calcul des bilans CO2 des agrocarburants.
  • Un plafond robuste et une stratégie de sortie d´ici 2020 concernant l’utilisation des agrocarburants produits à partir des matières premières agricoles et forestières.
  • Une augmentation de la consommation d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables dans les transports routiers et ferroviaires à plus d´un pour cent de la demande totale en 2020 (152 pétajoules).
  • L’utilisation d’environ 3 pour cent d’agrocarburants durables (350 pétajoules en 2020) produits à partir de déchets et de résidus (principalement du bio-méthane à partir de déchets agricoles et de l‘agrodiesel fabriqué à partir de déchets de graisses).
  • Dans la production de carburants à partir de sources fossiles: une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre liées au torchage et à la ventilation.